Témoignages d’ Afrique

     Joséphine, coordinatrice de Foi et Lumière au Soudan

Foi et Lumière est né dans mon pays en 2002. Y participent surtout des familles venant du Sud du pays qui avaient fui leurs villages à cause de la guerre, des problèmes économiques et religieux, et qui avaient trouvé refuge à Khartoum (la capitale).

Et là, ils vivent dans une extrême pauvreté. Leurs maisons sont des baraques sans eau ni lumière. Très nombreux sont les jeunes au chômage ; rares sont ceux qui travaillent. Ceux qui ont la chance d’avoir trouvé une occupation, gagnent l’équivalent de 13 euros par mois. Ce salaire, bien que misérable, permet à des familles entières de vivre. Les personnes handicapées sont celles qui paient le plus lourdement les conséquences de cette situation : comme elles ne sont pas productives, elle sont considérées comme un poids supplémentaire et en conséquence, elles sont  rejetées par leurs propres familles.

Aujourd’hui, le pays compte 12 communautés, qui se sont diffusées rapidement, et ainsi, les personnes en difficultés, ont pu trouver un espace d’écoute, de soutien et d’aide réciproque sans pareil.

Les rencontres représentent d’importantes occasions de retrouvailles. Le peuple soudanais, malgré tous ses problèmes, est une peuple qui aime la vie. Les rencontres sont bien préparées avec : une animation, un thème, des chants et un temps de convivialité, comme c’est prévu dans le carnet de route annuel.

Les déplacements et de leurs coûts sont les principaux inconvénients. Très nombreux sont ceux qui doivent parcourir tant de kilomètres à pied ou à dos d’âne pour venir à la réunion, parce qu’ils n’ont pas assez d’argent pour acheter un ticket d’autobus. En plus, à cause de la pauvreté des familles, les participants se trouvent dans l’impossibilité de payer leur cotisation comme c’est prévu à Foi et Lumière. En général les amis trouvent et cherchent l’eau nécessaire, et , de temps en temps un repas simple, que les plus pauvres recevront pendant la rencontre.

Il n’est pas facile de faire une récolte de fonds dans le cadre de la réalité soudanaise. Il y a quelques organismes riches qui viennent en aide aux nouveaux mouvements sociaux : mais ceux-ci sont tellement nombreux que Foi et Lumière ne reçoit qu’une très petite part.

Si nous arrivons à garantir les camps d’été et les sessions de formation annuels, c’est grâce à la solidarité vécue à l’intérieur de Foi et Lumière et surtout grâce à l’aide reçue de l’Italie et aussi de la Suisse.

Et grâce à la collecte de la « Journée Annonce et Partage », les 12 communautés du Soudan arrivent à se rencontrer et à aider des personnes vivant avec de grands handicaps.

Josephina James Ajak   


Théodora du Zimbabwe

La communauté Thokozani (Bulawayo, deuxième ville du pays) est composée de jeunes qui se réunissent avec des personnes handicapées mentales hébergées dans le foyer Saint Francis au sein de l’hôpital central Ingutsheni. Voici le témoignage de Théodora, responsable de cette communauté :

« Notre visite aux enfants début janvier n’a pas été aussi joyeuse qu’à l’habitude. Même si nous avons partagé prière et chants, nous avons réalisé que le nombre d’enfants avait beaucoup diminué, car beaucoup sont morts. De plus, il n’y avait que très peu d’infirmières pour les assister car la plupart sont restées chez elles à cause des problèmes économiques du pays. Nous avons été très peinés de la disparition de tant d’amis, et pour ceux qui restent, nous nous sentons concernés pour tenter de diminuer les difficultés qu’ils rencontrent en tentant de fournir quelques moyens de première nécessité. Mais notre groupe de  Elinata, du Zimbawe, jeune se sent bien démuni devant l’ampleur des besoins… »   

Recueillis en 2013